Beryl, mon clavier maitre, une grosse mise à jour !

Salut à tous !
 
Beryl était mon clavier maître, je l’ai fait en 2007, et nous avons fait notre dernier concert ensemble en 2008 au Zèbre de Belleville.
 

 

 

 
Depuis, je ne m’en servais plus, principalement à cause de son gabarit. J’ai donc décidé de le faire maigrir pour pouvoir à nouveau l’utiliser. Pour son nom, je voulais un nom avec un « y » dedans, et si possible, qui ait un rapport avec sa couleur. Je lui ai donné le nom d’une pierre précieuse bleue / verte, de la famille des émeraudes.
 
1. Le concept:
Beryl regroupe 2 machines:
. 1 système Doepfer MKE qui gère les touches (clavier 61 touches Fatar TP 8/O type Waterfall avec touches un peu jaunies et aftertouch). Ce sont les mêmes touches qu’on retrouve dans les actuels Nord Electro 61 touches.
. 1 surface de contrôle basée sur une midibox 64e, concept de Thorsten Klose.
 
 
2. Ce qu’il fallait changer:
 
Pour pouvoir à nouveau prendre Beryl sur scène, il fallait que son encombrement diminue. Je ne pouvais pas toucher au clavier et au système MKE, c’est donc sur la boite et la surface de contrôle qu’il fallait que je trouve la solution.
 
Beryl avait les caractéristiques suivantes:
– 2 molettes (pitch bend & modulation)
– 16 faders 100mm
– 4 entrées pour pédales de contrôle continu
– 16 encodeurs (+1 pour la navigation dans les menus)
– 60 boutons
– 2 entrées pour pédales switch
– 47 Leds.
 
La nouvelle version a donc:
– 9 faders 60mm
– 3 entrées pour pédales de contrôle continu
– 4 potentiomètres
– 13 encodeurs (+1 pour la navigation dans les menus)
– 40 boutons avec Leds intégrées
– 3 entrées pédales switch
 
 
3. Ce que j’ai gardé:
 
De la 1ere version, j’ai gardé les cartes électroniques, une partie du câblage, les encodeurs, les touches et la carte MKE, les ferrailles de protection pour les côtés et la boite, l’écran de la midibox, les connecteurs des pédales et les connecteurs MIDI et d’alimentation. J’ai également gardé la face avant de la boite (celle avec la poignée).
J’ai changé tous les boutons et les diodes, ainsi que les faders et les boutons de faders et d’encodeurs.
 

A gauche, les boutons et leds de l’ancien Beryl, à droite, les nouveaux boutons avec leds intégrées.

 
4. Le design
 
Le précédent était, avec plus ou moins de réussite, inspiré par les Fender Rhodes. A l’origine, j’avais prévu cette 2e version un peu plus plate, mais les touches sont profondes, donc soit j’avais un clavier pas très haut, mais profond, soit un clavier un peu épais, mais plus réduit en profondeur. Du coup, je suis revenu sur un design de Rhodes, cette fois-ci beaucoup plus prononcé.
Avant de me lancer dans la construction de la nouvelle version, j’avais fait un plan dans Sketchup, qui ressemblait à ça:
 
 
Le design final est extrêmement proche:
 

 

 
Tout comme les Rhodes, Beryl est sa propre boite, il me suffit donc de mettre son couvercle et de partir avec.
 
 
 
5. Les matériaux:
 
La 1ere version était en contreplaqué de 10mm d’épaisseur pour le dessous, l’arrière et l’avant; en médium 10mm pour les côtés, et en médium 5mm pour la face avant.
A l’époque, ce n’était pas trop gênant, mais malgré quelques cales pour la soutenir, la face avant pliait un peu quand j’appuyais sur un bouton.
 
La nouvelle version est entièrement en contreplaqué de 10mm, sauf les côtés qui sont en pin de 18mm. J’ai gagné en solidité, mais malheureusement aussi en poids, malgré une réduction de la taille.
 
 
 
 
6. Dimensions:
 
Au final, Beryl fait 89,5 cm de longueur, 34 cm de profondeur, et 13,5 cm de hauteur (à l’endroit le plus haut, soit au niveau de l’encodeur de navigation)
Tout ça pour 13,7 Kg, boite incluse. Je ne me souviens plus du poids de l’ancien, mais le nouveau doit faire entre 1 et 2 Kg de plus, alors qu’il est plus compact. Ca reste complètement transportable.
 
 
7. Fabrication:
Voilà quelques photos de sa fabrication:
 

 

 

 

 

 

Gravure à l’aide d’une défonceuse Dremel.

 

 

 

 

 

3 couches de peintures

 

et 7 couches de vernis

 

 

 

La façade est sur charnières, pour faciliter les éventuelles maintenances.

 

 

 

 

Vérification avec le clavier pour voir si tout va bien côté dimensions.

 

 

 

L’électronique est montée

 

Toute l’électronique est installée.

 

Le problème de la réduction de taille, c’est la place disponible pour toute l’électronique.
Voilà les photos de Beryl terminé:
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Le nouveau Beryl à son 1er concert, le 20 février au Belushi’s gare du nord, pour les 5 ans du Forum Frenchnerd. Photo @Rogntudju
 
7. Tour d’horizon:
 
Face arrière:
 
 
 
– A gauche, le connecteur d’alimentation qui alimente les 2 machines (j’ai soudé 4 câbles en interne sur cette prise)
– Au milieu, les prises pour les pédales, 3 pédales à contrôle continu en haut, 3 pédales switch en bas. L’un des switchs sera occupé par une pédale de sustain.
– A droite, puisque vous avez tout suivi, vous savez qu’il y a 2 machines, chacune avec ses entrées sorties midi. En haut à gauche: IN du MKE (clavier), OUT du MKE, et THRU de la midibox. En dessous: IN de la midibox, et 2 OUT pour la midibox.
 
Si vous avez tout compris, vous devez vous poser une question, alors oui, pour utiliser Beryl, je suis obligé de «patcher» les machines entre elles, c’est donc soit le clavier qui entre dans la midibox, soit l’inverse. J’aurais pu le faire en interne, mais garder ça sur le chassis permet de tester différentes configurations, et c’est aussi plus pratique en cas de panne sur l’une ou l’autre des machines. Je suis donc en mesure de brancher uniquement le clavier ou la surface de contrôle, et je peux même les brancher toutes les deux sur des machines différentes, bref, c’est assez flexible.
 
Passons donc à la face avant.
 
Partie gauche:
 
C’est ici que sont positionnés les 4 potentiomètres, à course finie. N’ayant pas de molettes de modulations, l’un des potentiomètres sera assigné à la modulation, les autres pourront servir pour contrôler des filtres, ou des envois d’effets.
 
Les 2 colonnes de 8 boutons en haut vont être configurées pour lancer des samples dans Ableton (notamment avec Clara Neville).
Ah oui, petite précision, les Leds, bien que faisant partie intégrante des boutons, sont indépendantes, donc dans le cas de ces boutons, les Leds répondent à des notes midi envoyées par l’ordinateur.
Petit exemple quand je testais que les boutons s’allumaient bien en recevant une note midi précise:
 
 
 

Sous ces boutons, les 8 autres boutons serviront à changer les sons de l’ordinateur ou d’autres synthés, ou à activer certains effets. Pour ces boutons, j’ai configuré les Leds pour qu’elles me donnent l’état des boutons, je sais donc si j’ai appuyé ou pas.La partie plate à gauche de ces boutons me permet de poser un ipad, petit expandeur ou une petite surface de contrôle.

 
Partie centrale:
 
Cette partie est composée de 9 faders, qui me serviront à contrôler le volume de différentes combinaisons de sons, ou les tirettes d’un orgue…
Sous ces faders, on trouve 9 encodeurs, crantés et sans fin. Ils me serviront à régler des paramètres d’effets ou de son.
 
Partie droite:
 
 
La carte Doepfer MKE qui gère le clavier, avec ses 6 boutons. Ca me permet d’envoyer des changements de programme, et de gérer les transpositions d’octaves du clavier.
Sous la MKE, 8 boutons, dont les fonctions seront a priori similaires à ceux de l’autre côté.
A noter que cette fois, les diodes m’indiquent le groupe dans lequel je suis (j’y reviens après).
A droite de ces boutons, 4 autres encodeurs, toujours crantés et sans fin, auxquels j’assignerai des fonctions similaires aux 9 autres.
 
Au-dessus, les 8 boutons à diodes blanches servent à naviguer dans les banques de présets de la midibox.
Les boutons sont: Bank 1, Bank 2, Bank 3, Bank 4; Bank +; Bank -; Group +; Group –
 
J’ai 64 banques. Chacune sauvegarde les fonctions de toute la midibox, à savoir tous les boutons, et tous les encodeurs.
 
Attention, il faut suivre: une banque sauvegarde la midibox complète, mais possède également des groupes. En effet, il est possible de connecter 64 encodeurs, alors ceux-ci sont également sauvegardés dans la banque. Comment j’y accède ? Avec des groupes. Alors pour essayer de vous résumer ça simplement, disons que dans une banque, mes boutons n’auront tous qu’une seule fonction par bouton, par contre, les potentiomères, faders et encodeurs peuvent en avoir plusieurs, que je sélectionne au moyen de groupes.
En l’occurence, mes 4 potentiomètres, 8 faders et 13 encodeurs ne forment qu’un seul groupe.
Je peux donc tout à fait dire que mes faders contrôlent les volumes de tous mes sons dans le groupe 1, mais contrôlent les tirettes d’un orgue dans le groupe 2, et les paramètres d’un synthé dans le groupe 3…
…tout ça multiplié par 64 banques.
 
Enfin, sous l’écran de la midibox (en bleu) se trouvent 2 boutons et 1 encodeur de navigation, qui me permettent de programmer la midibox, de sauvegarder les présets…
 
Voilà vous savez tout, j’ai eu la chance de jouer dessus pour la 1ere fois la semaine dernière, alors qu’il était tout juste terminé et pas encore complètement fonctionnel. Pour l’instant, je n’ai pas de concerts qui me permettent de l’utiliser, mais ça ne devrait pas tarder.
 
Et bien sûr, si je décidais d’upgrader Beryl, les cartes électroniques me permettent encore de connecter 16 faders ou potentiomètres, une trentaine de boutons et 24 Leds…
 
Si vous voulez des informations sur la midibox et les différents projets, je vous conseille d’aller faire un tour sur le site uCApps.
 
Pour finir, voilà une photo, sans trucage et sans effet de perspective, de la face avant du 1er Beryl, reposant sur le nouveau Beryl… En gros, Beryl 2 fait la taille de la face avant de Beryl 1.
 
 
A bientôt !